Martin Widmer

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Martin Widmer

Lecture / Mardi 3 mai 18h30 /
Martin Widmer ​“​Simple Soustraction​“​ /
Centre de la photographie, Genève /

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Suivie d’une discussion avec Maud Pollien à propos du travail de l’artiste, sa relation à l’hypnose,
ainsi qu’une présentation du jeu de​ ​cartes “Stratégies Obliques” de Brian Eno et Peter Schmidt.

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Dans le cadre de son exposition « L’Ambiguïté où la Morte Inoubliée » au centre de la photographie de Genève, Martin Widmer lira, le 3 mai à 18h30, plusieurs textes de « Simple Soustraction » : une série de petites nouvelles que l’artiste a écrit en se conditionnant à l’aide de techniques d’auto-hypnose ainsi qu’avec un jeu de cartes inventé par Brian Eno et Peter Schmidt : « Stratégies obliques ».

Les écrits de « Simple Soustraction » sont, pour Martin Widmer, une façon de prolonger son travail plastique dans un autre espace. Selon l’artiste, ces textes sont à appréhender comme des dispositifs dans lesquels la question de l’image (ainsi que celle de l’objet-sculpture et de l’exposition) est développée de multiples façons, y compris de façon auto-reflexive. Plus simplement, le flux de l’esprit est un lieu comme un autre pour capturer des images, comme le fait un photographe dans la réalité.

La plupart des ces courtes nouvelles se déroulent dans des lieux appartenant à l’univers de l’art (galeries, musées, ateliers d’artiste). C’est le cas du texte présenté dans l’exposition au CPG, « L’Ambiguïté où la Morte Inoubliée », où il est racontée la visite, dans une galerie, d’une exposition qui porte ce mystérieux titre. C’est aussi une visite, cette fois d’un musée, dont il s’agit dans un autre texte intitulé : « Un après-midi au musée ». Le personnage, qui en est le malheureux héros, voit son projet de visite contrecarré par un mystérieux tourniquet à l’entrée de l’institution. Celui-ci ne lui permettra jamais de pénétrer dans le bâtiment. Mais, si le visiteur ne verra jamais le musée, il effectuera dans la machine de métal et de verre une série d’expériences hallucinantes. Tant dans les textes que dans les travaux photographiques de Martin Widmer le visible semble disparaître toujours au profit de l’invisible, et c’est là, sûrement, la thématique qui traverse tout le travail de l’artiste.

Dans “Peindre” c’est la réalisation d’un tableau dans l’atelier d’un artiste qui est contée. Mais le lecteur remarque rapidement que quelque chose cloche. En effet, dans le récit les évènements se passent à l’envers et le texte commence par la fin du processus : le tableau est terminé. La nouvelle relate, dès lors, les étapes du travail de l’artiste dans un ordre inverse, mais ceci en les décrivant comme si elles se déroulaient naturellement ainsi, quand l’artiste porte son pinceau sur la toile c’est donc pour enlever de la peinture, pour effacer, en quelque sorte, un tableau préexistant. Au cœur de ce petit récit, c’est bien la thématique de la déconstruction du tableau qui est soulevée. Plus paradoxalement encore, c’est seulement après la disparition de la peinture sur la toile et après le démontage du châssis que l’image du tableau sera décrite au lecteur. Car si le tableau existe au tout début du processus (et donc à la fin du récit) c’est qu’il apparaît dans l’esprit du peintre au moment où celui-ci en a eu l’idée, où celui-ci en a eu la vision.

Qu’est-ce que voir ? Que voyons-nous ? Où voyons-nous ce que nous voyons ? Qu’elles sont précisément les différences, les spécificités, les modulations du phénomène de la vision, lorsque nous voyons, par exemple, une image en face de nous, ou lorsque qu’elle nous apparaît dans un récit que nous lisons, lorsque nous l’imaginons, la rêvons... Et n’est-ce pas finalement toujours dans le même endroit, dans notre cerveau, que les choses sont finalement vues ? D’autres textes de Martin Widmer ne prennent pas comme sujet l’environnement de l’art de façon autant directe. Ces textes mettent alors en avant l’expérience que l’hypnose permet de vivre : un état où les frontières spatiales et temporelles n’existent plus, un lieu où le regard est entièrement dirigé vers une intériorité infinie.

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Dans le cadre de l'exposition
"L'Ambiguïté où la Morte Inoubliée"

Centre de la Photographie - Genève
3 mai 2016 - 18h30

Centre de la photographie Genève
Bac – Bâtiment d’art contemporain
28, rue des Bains, CH – 1205 Genève


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